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La Bible Ostervald de 1744 avec les arguments et les réflexions de l'auteur.


Nouveau Testament

Numérisation en cours : Matthieu



L’Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ selon Matthieu

Matthieu 12, versets 1-21

1. Notre Seigneur justifie ses disciples qui arrachaient des épis de blé en un jour de sabbat, versets 1-8.
2. Il guérit un homme qui avait une main sèche et il répond aux pharisiens qui se scandalisaient de ce qu’il avait aussi fait ce miracle en pareil jour, versets 9-15.
3. Il défend au peuple de publier ses miracles, sur quoi Matthieu rapporte un oracle d’Ésaïe qui marque la prudence, l’humilité et la douceur qui paraîtraient dans la manière dont le Messie exercerait son ministère, versets 16-21.

1. En a ce temps-là Jésus passait par des blés un jour de sabbat et ses disciples ayant faim se mirent à arracher des épis et à en manger.
2. Les pharisiens voyant cela lui dirent : Voilà tes disciples font ce qu’il n’est pas permis de faire le jour du sabbat.
3. Mais il leur dit : N’avez-vous point lu b ce que David ayant faim, tant lui que ceux qui étaient avec lui ?
4. Comment il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de proposition c, dont il n’était pas permis de manger, ni à lui, ni à ceux qui étaient avec lui, mais aux seuls sacrificateurs ?
5. Ou, n’avez-vous pas lu dans la loi que les sacrificateurs au jour du sabbat d violent le sabbat dans le temple sans être coupable pour cela ?
6. Or je vous dis qu’il y a ici quelqu’un qui est plus grand que le temple.
7. e Que si vous saviez ce que signifie ceci : f Je veux la miséricorde et non pas le sacrifice, vous n’auriez pas condamné ceux qui ne sont point coupables.
8. g Car le fils de l’homme est maître même du sabbat.
9. h Et étant parti de là, il vint dans leur synagogue.
10. Et il y trouva un homme qui avait une main sèche et ils lui demandèrent, pour avoir lieu de l’accuser : Est-il permis de guérir dans les jours de sabbat ?
11. Et il leur dit : Qui sera celui d’entre vous qui ayant une brebis, si elle tombe au jour du sabbat dans une fosse, ne la prenne et ne l’en retire ?
12. Et combien un homme vaut-il mieux qu’un brebis ? Il est donc permis de faire du bien dans les jours de sabbat.
13. Alors il dit à cet homme : Étends ta main. Et il l’étendit et elle devint saine comme l’autre.
14. Là dessus, les pharisiens étant sortis, délibérèrent entre eux, comment ils le feraient périr.
15. Mais Jésus connaissant cela partit de là et une grande multitude le suivit et il les guérit tous.
16. Et il leur i défendit fortement de le faire connaître.
17. De sorte que ce qui avait été dit parj Ésaïe le prophète fût accomplit.
19. Il ne contestera point et on n’entendra point sa voix dans les places.
20. Il ne rompra pas tout à fait le roseau froissé et il n’éteindra pas le lumignon qui fume encore, jusqu’à ce qu’il ait rendu la justice victorieuse.
21. Et les nations espéreront en son nom.

Réflexions

Il faut faire ici trois considérations.
1. La première regarde la malice et l’hypocrisie des pharisiens qui trouvaient mauvais que les disciples de Jésus-Christ eussent arraché des épis en un jour de sabbat et que leur maître eût guéri en un semblable jour un homme qui avait une main sèche. Tel est le caractère des hypocrites et de ceux qui n’ont qu’un faux zèle. Ils se scandalisent des choses qui sont innocentes et même quelquefois de celles qui sont bonnes, nécessaires et agréables à Dieu, pendant qu’ils négligent eux-mêmes les devoirs les plus essentiels de la religion et surtout celui de la charité.
2. On doit faire une attention sérieuse à ce que notre Seigneur dit dans cette occasion et principalement à ces paroles :
Je veux la miséricorde plutôt que le sacrifice.
Apprenons de là que la religion ne consiste pas simplement dans des devoirs extérieurs et dans l’observation des cérémonies, qu’à la vérité ces devoirs sont indispensables et ont leur usage lorsqu’on les pratique conformément aux intentions de Dieu qui les a établis, mais que ce que Dieu exige sur toutes ces choses c’est que nous obéissions à ses commandements, que nous ayons une vraie charité et que nous exercions les œuvres de la miséricorde.
3. La troisième réflexion est tirée de la conduite de Jésus-Christ qui ne voulait pas que l’on publiât ses miracles et de ces paroles d’Ésaïe :
Il n’éteindra pas le lumignon qui fume encore et il ne rompra pas entièrement le roseau froissé.
On voit reluire ici la grande prudence de notre Seigneur qui évitait ce qui aurait pu faire trop d’éclat. On y découvre son humilité, sa douceur et sa condescendance, on y remarque surtout qu’il ne rebute personne, qu’il supporte les faiblesses des hommes avec beaucoup de patience et que pendant qu’il y a encore quelque chose de bon, il ne les abandonne pas. Cela doit d’un côté nous encourager et nous remplir de confiance et de l’autre nous engager à imiter notre seigneur, à être comme lui humbles, doux et paisibles, à fuir l’ostentation, la veine gloire et à éviter les aigreurs et les disputes, usant d’un grand support envers les hommes et ayant des égards et de la condescendance pour leurs faiblesses. Ce sera par la pratique de ces devoirs que nous ressemblerons à Jésus-Christ et qu’il paraîtra que nous sommes véritablement ses disciples.


(a) v1 : Marc 2.23 ; Luc 6.1
(b) v3 : I Samuel 21.6
(c) v4 : Exode 25.30 ; Lévitique 24.6-9
(d) v5 : Nombres 28.9
(e) v7 : Chapitre 9.13
(f) v7 : Osée 6.6
(g) v8 : Marc 2.28
(h) v9 : Marc 3.1 ; Luc 6.6
(i) v16 : Chapitre 8.4, 9.30 et 17.9
(j) v17 : Ésaïe 42.1
(k) v18 : Chapitre 3.17 et 17.5
(l) v18 : Chapitre 3.10 ; Luc 4.18 ; Jean 3.34


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