Page numérisée


www.Ostervald-1744.com
La Bible Ostervald de 1744 avec les arguments et les réflexions de l'auteur.


Nouveau Testament

Numérisation en cours : Matthieu



L’Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ selon Matthieu

Matthieu 14

Matthieu récite trois choses.
1. L’histoire de la mort de Jean-Baptiste, versets 1-12.
2. Comment Jésus-Christ donna à manger à cinq mille personnes avec cinq pains et deux poissons, versets 13-21.
3. Un autre miracle que notre Seigneur fit, lorsque ses disciples étant exposés à une tempête, il alla vers eux en marchant sur la mer, versets 22-36.

1. En a ce temps-là Hérode le tétrarque 1 entendit qu’on publiait de Jésus.
2. Et il dit à ses serviteurs : C’est Jean-Baptiste, il est ressuscité des morts et c’est pour cela qu’il se fait des miracles par lui.
3. Car b Hérode avait fait prendre Jean et l’avait fait lier et mettre en prison au sujet d’Hérodias femme de Philippe son frère.
4. Parce que Jean disait à Hérode : Il ne t’est pas permis de l’avoir pour femme.
5. Et il aurait bien voulu le faire mourir, mais il craignait le peuple, parce c qu’on regardait Jean comme un prophète.
6. Or comme on célébrait le jour de la naissance d’Hérode, la fille d’Hérodias dansa au milieu de l’assemblée et plut à Hérode.
7. De sorte qu’il lui promit avec serment de lui donner tout ce qu’elle demanderait.
8. Elle donc étant poussée par sa mère lui dit : Donne-moi ici dans un plat la tête de Jean-Baptiste.
9. Et le roi en fut fâché, mais à cause du serment qu’il avait fait et de ceux qui étaient à table avec lui, il commanda qu’on la lui donnât.
10. Et il envoya couper la tête de Jean dans la prison.
11. Et on apporta sa tête sur un plat et on la donna à la fille et elle la présenta à sa mère.
12. Puis ses disciples vinrent et emportèrent son corps et l’ensevelirent et ils vinrent l’annoncer à Jésus.
13. d Et Jésus ayant appris ce qu’Hérode disait de lui se retira de là dans une barque, en un lieu écarté, à part. Et quand le peuple le sut, il le suivit à pied des villes.
14. e Et Jésus étant sorti vit une grande multitude et il fut ému de compassion envers eux et il guérit leurs malades.
15. Et comme il se faisait tard, ses disciples vinrent à lui et lui dirent : Ce lieu est désert et l’heure est déjà passée, renvoie ce peuple afin qu’ils aillent dans les bourgades et qu’ils y achètent des vivres.
16. Mais Jésus leur dit : Il n’est pas nécessaire qu’ils y aillent, donnez-leur vous-mêmes à manger.
17. Et ils lui dirent : Nous n’avons ici que cinq pains et deux poissons.
18. Et il leur dit : Apportez-les moi ici.
19. Et après qu’il eut commandé que le peuple s’assit sur l’herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons et levant les yeux au ciel, il rendit grâce. Et ayant rompu les pains il les donna aux disciples et les disciples les donnèrent au peuple.
20. Tous en mangèrent et furent rassasiés et on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restèrent.
21. Et ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille hommes, sans compter les femmes et les petits enfants.
22. Aussitôt après, Jésus obligea ses disciples d’entrer dans la barque et de passer avant lui de l’autre côté pendant qu’il renverrait le peuple.
23. Et après qu’il l’eût renvoyé, il monta sur une montagne pour être à part afin de prier. f Et la nuit étant venue, il était là seul.
24. Cependant la barque était déjà au milieu de la mer battue par les flots, car le vent était contraire.
25. Et à la quatrième veille de la nuit, Jésus alla vers eux marchant sur la mer.
26. Et ses disciples le voyant marcher sur la mer furent troublés et ils dirent : C’est un fantôme et de la frayeur qu’ils eurent ils s’écrièrent.
27. Mais aussitôt Jésus leur parla et leur dit : Rassurez-vous, c’est moi, n’ayez point de peur.
28. Et Pierre répondant lui dit : Seigneur, si c’est toi, ordonne que j’aille vers toi en marchant sur les eaux.
29. Jésus lui dit : Viens. Et Pierre étant descendu de la barque marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
30. Mais voyant que le vent était fort, il eut peur et comme il commençait à enfoncer, il s’écria et dit : Seigneur, sauve-moi.
31. Et incontinent Jésus étendit sa main et le prit lui disant : Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?
32. Et quand ils furent entrés dans la barque, le vent cessa.
33. Alors ceux qui étaient dans la barque vinrent et l’adorèrent disant : Tu es véritablement le fils de Dieu.
34. g Et ayant passé le lac, ils vinrent dans le pays de Génézareth.
35. Et quand les gens de ce lieu-là l’eurent reconnu, ils envoyèrent par toute la contrée d’alentour et ils lui présentèrent tous les malades.
36. Et ils le priaient qu’ils pussent seulement toucher le bord de son habit et tous ceux qui le touchèrent furent guéris.

Réflexions

Il faut d’abord faire cette considération générale sur la mort de Jean-Baptiste, que Dieu voulut que cet homme, qui avait annoncé la venue du règne du Messie mourût d’une mort violente pour faire voir aux Juifs que ce règne ne serait pas un règne temporel et afin qu’ils ne fussent pas scandalisés lorsque Jésus-Christ lui-même serait mis à mort. Après cela il faut remarquer que ce qui donna occasion à la mort de Jean-Baptiste fut le zèle de ce prophète qui reprit Hérode de son commerce criminel avec Hérodias, la haine que cette femme impudique avait conçue contre Jean-Baptiste et la complaisance qu’Hérode eut pour elle.
Les réflexions qu’il y a à faire sur cela sont :
1. que les serviteurs de Dieu doivent reprendre toutes sortes de personnes avec courage et avec zèle, quand même ils s’attireraient la haine des méchants ;
2. que l’impureté et l’amour des plaisirs font commettre bien des crimes ;
3. et enfin qu’il peut arriver de grands maux par les serments téméraires aussi bien que par la mauvaise honte et par la complaisance qu’on a pour les personnes vicieuses.
Le miracle de cinq pains a ceci de particulier qu’il fut fait en présence de plusieurs milliers d’hommes qui en furent les témoins et qui y eurent part. Cette circonstance rend ce miracle encore plus certain et elle prouve la merveilleuse puissance de notre Seigneur, de même que la grande bonté dont il était animé envers le peuple qui le suivait.
Enfin, cet autre miracle que notre Seigneur fit lorsqu’il vint à ses disciples en marchant sur la mer est aussi une preuve de son pouvoir sans borne et de son amour pour ses disciples. Il voulut dans cette occasion faire marcher Pierre sur l’eau pour fortifier la foi de cet apôtre et celle de ses collègues et pour les assurer par là qu’ils feraient dans la suite des miracles les plus extraordinaires et qu’aucun péril ne devait les ébranler.
Pour ce qui nous regarde, nous devons faire ici ces deux considérations :
1. l’une, que si les fidèles se trouvent dans le danger, Dieu vient à leur secours lorsqu’il en est temps ;
2. l’autre, que comme le zèle et la foi de Pierre le firent d’abord marcher sur l’eau, mais que la peur le fit enfoncer, ce n’est aussi que le manque de foi qui nous fait succomber dans les tentations et dans les dangers, mais qu’avec la foi et le secours du Seigneur nous les surmonterons heureusement.


(a) v1 : Marc 6.16 ; Luc 9.7
(b) v3 : Marc 6.17 ; Luc 3.19
(c) v5 : Chapitre 21.26
(d) v13 : Marc 6.32 ; Luc 9.10
(e) v14 : Marc 6.4 ; Luc 9.12 ; Jean 6.5
(f) v23 : Marc 6.46 ; Jean 6.16
(g) v34 : Marc 6.53
(1) v1 : Il était surnommé Antipas et fils d’Hérode le grand. Il est appelé tétrarque, ce qui signifie prince de la quatrième partie d’un pays. Il avait pour son partage la Galilée et la Pérée et il est aussi appelé roi dans Marc 6.14.


Cliquez sur un des liens suivants pour afficher le chapitre désiré : 

1   2   3   4   5a   5b   6   7   8a   8b   9   10   11   12a   12b   13a   13b   14   15   16   17   18   19   20   21a   21b   La suite arrivera le moment venu.


Version imprimable


Bienvenue
XHTML 1.0! Langue de référence : Les documents présentés sur ce site ont le français comme langue source. CSS!